Au creux de ton épaule, je brandis mes logorrhées performatives

Ah te voilà toi, je reprends la connexion, tu as vu, j’ai passé le serment, je l’ai écrit, j’en ai fait un objet à part, je te l’avais dit. Vers les plaines et les grandes étendues je vais, vers les galaxies j’avance maintenant, les grands lacs, mais il fait noir, on ne voit rien, je tiens le fil mais ne sais pas à quoi il tient, ni qui le tient. Le serment, je l’ai trouvé faible au fond, je peux te l’avouer. Faible en tant que serment. J’étais déçu, ça m’a gêné dans l’épopée que je voulais te proposer, celle que j’avais imaginée pour t’impressionner, une histoire en grand pourtant, paroles en l’air, promesses d’ivrogne, j’avais l’impression d’avoir raté le coche, la marche, je me sentais misérable, qu’allais-tu penser ? Comme si le projet dans son amplitude m’avait quitté, il ne restait que quelques bribes, de pauvres mots, des traces qui s’en allaient, des drones qui se perdaient, un bourdonnement, l’eau qui se trouble ; là où j’étais, l’envie de vivre, les éclats de rire prenaient le dessus, je reconnaissais les odeurs, les murs mais j’étais déjà ailleurs, fini l’introspection, je m’éloignais, prenais le large. Au fond de moi, les sédiments bougeaient, je grandissais de l’intérieur, levais les yeux au ciel, parois, vertiges, soleils à pic, je prenais confiance & mettais de côté ces petits univers familiers qui jusqu’à présent m’occupaient & me protégeaient. Je voyais le vide devant moi, l’espace. J’avançais donc, je tremble pourtant. Et toi, ça va ? Que deviens-tu ? Que fais-tu ?