Prendre la tangente ; construire une esquisse, on y reconnait la Méditerranée, les jardins d’Hamilcar, un goût de l’équilibre, du repos, des muscles légers, discrets, mobiles, sous la peau Golden Brown, le pain frais, le miel, le vent, la rosée au matin. « Ah comme tu seras heureux dans les grandes salles fraiches, au son des lyres, couché sur des fleurs, avec des bouffons et avec des femmes ! Ne me dis pas que l’entreprise est impossible ! » Je pars pour les 10 ans qui viennent le cœur plein d’espoir. J’ai réglé mes problèmes, mis les ennemis à distance, traversé les mers. Dans la maison de la biodiversité, je me recompose, comprends de quoi je suis fait, regarde en arrière ce qui maintenant est soldé ; dans mon appartement, j’écoute Day de Nils Frahm, tournant les pages, égrenant dans cette antre à l’univers d’Eden consacrée les raisons de la joie & du plaisir ; à Colombes, où je vais faire un tour, je m’imprègne de l’atmosphère des origines, des photographies, de l’humeur des pièces, bercé par la playlist de https://perilazone.bandcamp.com ou encore les Water Poems de Felicia Atkinson; le soleil pénètre à travers les volets, j’ai mal à la poitrine, mais j’ai trouvé la posture, le rapport au monde ! La ligne est pure, elle est belle, je m’engage, il ne s’agit plus de perdre du temps, je travaille mon ouverture au monde, tatouage et ventre plat, Eden Eden, un avant, un après ; aux filles, aux garçons, je présente mon amitié et ma paix, mon expérience les amuse, et si nous nous sourions je les regarde droit dans les yeux. Je construis l’œuvre, j’y accède en quelque sorte. Les dix années qui viennent donnent du sens à toutes celles qui ont précédé.
