Tandis que Marie Laure Dagoit me chuchotait au creux de l’oreille les poèmes d’eau de Félicia Atkinson et Christina Vantzou, je partais vers quelques ambassades calmer des embardées, arroser les feux qui gagnaient. J’étais fort, on m’appelait facilement, je portais les seaux, j’étais disponible. Et alors que j’opérais, l’éclat de ces voix chéries me revenait, logeant dans un coin de mon esprit un océan où je pourrais m’allonger pour les écouter. J’y allais nu, c’était confortable, on avait mis des coussins. Cependant certains, ne le supportant pas sans doute, entreprirent de gâcher la fête, de saccager ce grand calme auquel j’aspirais. Bombes, bruits de toute sorte, de toute origine, exclamations, divagations, c’était un concert grotesque ! Je décidais de repartir. J’avais alors une discipline personnelle, je panachais gri-gris et résolutions de tous ordre, j’avais des modèles, j’avançais. Je décidais de les prendre avec moi, je les mettais dans un sac à l’abri, pour pouvoir converser le soir avec eux, les retrouver, je complétais mes bagages, je partais.
